La nuit me condamne à être son amante. Mon inconscient complice de cette traîtresse me torture. Les ronces m'enlassent et font de chaque etreinte un supplice. Ce sont elles qui m'attirent vers le fond laissant le loisir à cette eau que j'aime tant d'infiltrer lentement mon corps. L'agonie doit-elle être si longue ? Est-ce le prix à payer ? Le peu d'oxygène qu'il me restait s'échappe formant de jolie bulles, qui elles, remontent vers la surface. Le temps n'a plus sa place ici, il ne rythme plus rien. Je ne l'entend plus. Il s'éteind doucement. Le silence est roi. Il ordonne à mon inconscient de se taire. Enfin. Le repos. Mes yeux se ferment. Pour la première fois je me sens légère. L'étreinte des ronces se fait presque rassurante peu importe les plaies. Mon dos se heurte à quelque chose. Un fond. Moi qui croyais devoir couler sans fin. Je l'ai touché. Je veux y rester. J'y suis bien. Mon coeur cède sans lutter. Un mal pour un bien. Cette descente n'avait rien d'une punition.
Pour certaine personne toucher le fond c'est la fin. Impossible de remonter. Etre pris au piège. Et bien pour moi, c'est là que tout commence.